La Norvège compte seulement 5,6 millions d'habitants, mais elle possède une tirelire qui ferait pâlir la plupart des États de la planète. Son fonds souverain, le plus important au monde, gère aujourd'hui environ 2 340 milliards de dollars d'actifs. Et depuis le début de 2026, sa valeur aurait encore progressé d'environ 160 milliards d'euros. Pour comprendre le principe, il faut voir un fonds souverain comme un immense portefeuille d'investissement appartenant au pays. Pendant des décennies, la Norvège a encaissé d'importantes recettes grâce à son pétrole et à son gaz. Plutôt que de tout dépenser immédiatement, elle en a placé une partie dans un fonds chargé d'investir cet argent à travers le monde. L'idée est assez simple : transformer une richesse épuisable, le pétrole, en une richesse financière capable de continuer à produire des revenus pendant plusieurs générations. Et son portefeuille est particulièrement diversifié. Environ 72% du fonds est investi en actions, réparties dans plus de 7 000 entreprises cotées dans une cinquantaine de pays. Environ 26% sont placés en obligations, 1,6% dans l'immobilier et une petite partie dans les infrastructures d'énergies renouvelables. Le fonds possède ainsi indirectement des morceaux de milliers d'entreprises que nous utilisons tous les jours. Son terrain de jeu préféré reste toutefois les États-Unis. Avec le Japon, le Royaume-Uni, l'Allemagne et la France, ces cinq pays représentent près de 74% de la valeur du portefeuille. Et ses trois principales participations ressemblent beaucoup au portefeuille d'un investisseur fan de technologie américaine. Le fonds détient environ 1,28% de Nvidia, devenu l'un des grands gagnants de la révolution de l'intelligence artificielle. Vient ensuite Apple, dont il possède environ 1,24% du capital. Puis Alphabet, la maison mère de Google, avec environ 1,17%. Il a également révélé une petite participation de 0,05% dans SpaceX. Petite en pourcentage, certes, mais lorsque l'entreprise vaut plusieurs centaines de milliards de dollars, même les miettes commencent à ressembler à un très gros gâteau. La progression historique du fonds donne surtout le vertige. En l'an 2000, il pesait seulement 44 milliards de dollars. Aujourd'hui, il dépasse les 2 300 milliards, soit une multiplication de sa valeur par plus de cinquante. Ces investissements permettent notamment à la Norvège de financer une partie de son budget sans dépendre uniquement des impôts ou des recettes pétrolières. Et pour mesurer la taille du trésor : si le pays décidait théoriquement de tout distribuer à ses habitants, chaque Norvégien recevrait environ 418 000 dollars. Évidemment, ce n'est pas prévu. La Norvège préfère visiblement garder la tirelire intacte… et laisser Wall Street continuer à la remplir.