Depuis 2017, l'État a ainsi récupéré 641 millions d'euros provenant de comptes, livrets, assurances-vie ou produits d'épargne restés inactifs pendant des décennies. Mais avant d'imaginer Bercy fouillant discrètement dans les vieux Livrets A, il faut comprendre le mécanisme. Depuis l'entrée en vigueur de la loi Eckert en 2016, les banques et les assurances doivent identifier chaque année les comptes qui ne montrent plus aucun signe d'activité. Elles doivent ensuite tenter de retrouver leur titulaire ou, lorsqu'il est décédé, ses héritiers et bénéficiaires. Après 10 ans d'inactivité dans le cas général, ou seulement 3 ans après le décès du titulaire, l'argent est transféré à la Caisse des dépôts. Pour certains produits comme les PEL, le délai peut être différent. Et c'est là que l'histoire devient intéressante : cet argent peut parfois être le vôtre. Dans de nombreux cas, il s'agit d'un vieux compte ouvert par un parent, d'une assurance-vie dont personne ne connaissait l'existence ou d'un livret oublié après un déménagement ou un décès. Pour vérifier, il existe un site officiel : Ciclade, géré par la Caisse des dépôts : https://ciclade.caissedesdepots.fr/ Quelques informations personnelles suffisent pour rechercher gratuitement si une somme vous attend. Depuis début 2017, environ 1,2 milliard d'euros ont déjà été restitués aux bénéficiaires qui en ont fait la demande. L'an dernier seulement, 164 millions d'euros ont été rendus à environ 174 000 personnes. Mais pendant ce temps, les banques ont transféré 671 millions d'euros supplémentaires, issus de près de 760 000 comptes inactifs. La baignoire se remplit donc beaucoup plus vite qu'elle ne se vide. Au total, environ 9,7 milliards d'euros ont été transférés à la Caisse des dépôts depuis 2017, et le stock encore détenu approchait 7,9 milliards d'euros en 2025. Et si personne ne réclame l'argent au bout de 30 ans d'inactivité totale, il est définitivement transféré à l'État. Depuis 2017, cela représente donc 641 millions d'euros. Une partie de cette somme sert notamment à financer la vie associative. Et ce n'est probablement qu'un début. Selon d'anciennes projections de la Cour des comptes, les transferts pourraient fortement augmenter après 2030, avec un pic pouvant atteindre environ 570 millions d'euros sur la seule année 2032. Au fond, cette histoire rappelle surtout une chose : avant de laisser l'État hériter du compte oublié de votre grand-oncle, un petit passage sur Ciclade peut valoir le coup. Parce qu'on ne sait jamais : votre prochain placement rentable est peut-être simplement un compte dont toute la famille avait oublié l'existence.