Ce mercredi, l'Union européenne a invité le Canada à devenir le premier "membre associé" de l'UE. Le Premier ministre canadien Mark Carney parle lui d'"une alliance unique". Le Canada cherche depuis quelque temps à trouver de nouveaux partenaires économiques. La raison : ses relations avec les États-Unis se sont largement détériorées, même si ces derniers restent son principal partenaire. Au cœur de tout ça se trouve notamment Donald Trump, qui a menacé de faire du Canada le 51e État américain et a lancé plusieurs guerres commerciales contre le pays, notamment avec des droits de douane. Une situation qui pèse directement sur l'économie canadienne. Le Canada cherche donc à renforcer ses liens avec d'autres partenaires, notamment l'Union européenne. En mai dernier, Mark Carney avait déjà été invité à un important sommet européen, une première pour un dirigeant non européen. Le président du Conseil européen avait alors présenté le Canada comme l'un des pays les plus proches de l'Europe, partageant largement ses valeurs et sa vision du monde. Aujourd'hui, une nouvelle étape a été franchie. Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, l'une des principales instances de l'UE, a affirmé vouloir "élever les relations avec le Canada au plus haut niveau possible" et "œuvrer à la possibilité pour le Canada de devenir le premier membre associé" de l'UE.
L'Europe avait taxé les voitures électriques chinoises pour ralentir leur arrivée. Les constructeurs chinois ont simplement trouvé une autre porte d'entrée. Et les chiffres sont assez impressionnants : en l'espace de 2 ans, les importations européennes d'hybrides rechargeables fabriquées en Chine sont passées d'environ 3 800 véhicules par mois à près de 50 000. Pour rappel, un hybride rechargeable combine un moteur thermique avec une batterie suffisamment importante pour rouler plusieurs dizaines de kilomètres en électrique, et qui peut être branchée pour être rechargée. Et c'est précisément sur ce segment que les marques chinoises explosent. Au premier semestre 2026, elles ont vendu environ 208 000 hybrides rechargeables en Europe, représentant près de 28% du marché. Les trois modèles les plus vendus étaient même chinois : le BYD Seal U, le BYD Atto 2 et le Jaecoo 7. Mais cette explosion n'arrive pas complètement par hasard. En 2024, l'Union européenne a imposé des droits compensateurs supplémentaires sur les voitures 100% électriques fabriquées en Chine, qui peuvent porter la taxation totale jusqu'à environ 45% selon les constructeurs. Les hybrides rechargeables, eux, ont échappé à ces droits supplémentaires et restent essentiellement soumis au tarif européen classique de 10%. Et l'industrie automobile européenne commence à sérieusement s'inquiéter. Volkswagen réclame notamment une protection commerciale renforcée pour les hybrides rechargeables chinois. Son patron Oliver Blume souligne que ces modèles ont déjà pris près d'un tiers du marché européen, alors que son groupe mène parallèlement une restructuration massive face à la concurrence chinoise et à la pression sur ses coûts. Bruxelles tente pour l'instant d'éviter une nouvelle escalade. L'Union européenne a demandé à Pékin de limiter volontairement ses exportations d'hybrides, avec l'objectif évoqué de ramener leur part de marché autour de 15%. En l'absence d'accord, de nouvelles mesures commerciales restent possibles. Car chaque nouvelle taxe européenne peut aussi entraîner une réponse chinoise. Pékin avait déjà répliqué aux droits sur les voitures électriques en visant certains produits européens, notamment le cognac. Les constructeurs chinois préparent donc déjà la parade suivante : fabriquer directement leurs voitures en Europe. BYD développe notamment sa production en Hongrie. Une voiture assemblée dans l'Union européenne devient évidemment beaucoup plus difficile à arrêter avec des droits de douane à l'importation. L'Europe se retrouve donc dans une drôle de course. Elle veut protéger son industrie automobile sans déclencher une guerre commerciale totale avec la Chine. Et pendant que Bruxelles cherche comment fermer les portes… les constructeurs chinois commencent directement à construire la maison à l'intérieur.
"C'est la merde". Dans les allés du FD Day, qui se tenait mercredi à Paris, un startupper ne mâche pas ses mots lorsqu'il évoque la prochaine élection présidentielle. À huit mois de l'échéance, il est loin d'être le seul à s'inquiéter. Entre la fin des années dorées de la "start-up nation" et la crainte de voir un extrême accéder au pouvoir, une forme de fébrilité gagne la French Tech. "On se demande bien à quelle sauce on va être mangé", poursuit notre interlocuteur. Plus mesurée, Maya Noël, la directrice du lobby France Digitale, reconnaît elle aussi des préoccupations. "Tout le monde espère au moins garder les mêmes du jeu, sans perdre nos atouts", souligne-t-elle. Dans les allées de ce salon qui réunit depuis quatorze ans l'écosystème tech, les conversations ne tournent plus seulement autour des levées de fonds, de la révolution de l'intelligence artificielle ou des difficultés à décrocher des contrats avec les grandes entreprises. Depuis deux ans, la politique s'est invitée dans les discussions, de l'incertitude économique provoquée par la dissolution de l'Assemblée nationale en 2024 au débat sur la taxe Zucman l'an dernier. Entre deux passages de prétendants à l'Élysée ou de leurs lieutenants, difficile, cette année, d'échapper aux interrogations sur l'avenir. Et à une certaine nostalgie des jours heureux...
Bonjour, Le débat agite le petite monde de l’intelligence artificielle depuis le message alarmiste d’un ancien chercheur d’Anthropic. Faut-il ralentir le développement de nouveaux modèles compte des risques que leurs progrès rapides font peser sur l’humanité ? Mais est-ce encore possible ? Pour revenir sur ces questions, je vous propose d’en discuter ensemble demain à 12 h 45, à l’occasion de la toute première émission en direct organisée sur Substack. Je partagerai mon point de vue, répondrai à vos questions et vous donnerai la parole. Vous pouvez d’ores et déjà ajouter cet événement à votre calendrier en vous rendant à cette adresse: https://open.substack.com/live-stream/367756 [ https://open.substack.com/live-stream/367756 ]
Une prise de parole, les lignes de Warhol, et un coup de cœur ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌
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Une prise de parole, les lignes de Warhol, et un coup de cœur
Puisqu’il est permis d’avoir des opinions et de les exprimer, je m’accorde ici ce privilège.
Il est salutaire que les agissements d’un gouvernement démocratiquement élu soient discutés, déplorés, voire contestés. Il est heureux que la liberté d’expression et l’indépendance journalistique soient respectées en toutes circonstances. Il est essentiel que des enquêtes indépendantes aient lieu et que leurs conclusions soient publiquement exposées.
Pour autant, il est impératif que les faits soient documentés, vérifiés, recoupés. Que la méthodologie soit rigoureuse, transparente et soumise à la critique. Que les sources, bien que protégées, soient évaluées avec la plus grande exigence. Et il faut surtout accepter de confronter son récit à des regards qui ne lui sont ni acquis, ni complaisants. Car les événements s’examinent, se discutent et s’analysent. Et pas dans le noir.
La réponse à des accusations, quant à elle, doit être factuelle. Il faut examiner les faits, réfuter les affirmations inexactes et déconstruire les raisonnements qui les accompagnent sans invoquer ni patriotisme, ni loyauté, ni déchéance de nationalité. On ne dément pas un récit en menaçant ceux qui le portent.
Les camps resteront à leurs places : ceux qui applaudissent, applaudiront plus fort. Ceux qui contestent, contesteront plus âprement.
Une société blessée, meurtrie, marquée par l’horreur, n’est peut-être pas prête à accepter certaines réalités. À moins qu’on ne lui reconnaisse, à elle aussi, le droit au traumatisme.
Warhol entre les lignes
Dans la géniale exposition du Musée du Luxembourg, on découvre un Warhol croyant, amoureux, engagé, inspiré et ironique. Tout ça en stylo à bille, fusain, gravures et collages. Car ce sont exclusivement les dessins d’Andy Warhol qui y sont exposés - une pratique que l’artiste n’a cessé d’explorer alors même que ses célèbres portraits pop conquéraient le monde.
Andy Warhol (de son vrai nom Andrew Warhola) est né de parents ruthènes immigrés, et c’est auprès de sa mère Julia, illustratrice, qu’il forge sa fibre artistique. C’est d’ailleurs par les dessins de Julia que débute cet accrochage auquel le papier d’aluminium - en rappel de celui qui recouvrait les murs de la Factory de Warhol - donne une consonance disco futuriste réjouissante.
Les représentations sont multiples, des croquis à la calligraphie, des dessins publicitaires aux autoportraits. Les traits sont délicats et le propos personnel. Warhol y dévoile sa fascination critique pour la société américaine, expose ses amours homosexuels et le souvenir de sa foi orthodoxe.
Si certains dessins sont des études préparatoires, dont la série sur Marilyn Monroe, la plupart ont une existence propre, colorée et intime, révélant l’homme derrière l’icône.
Andy Warhol - La ligne et l’image Musée du Luxembourg jusqu’au 10 janvier 2027
Un Crocus Ă croquer
Première régalade de la rentrée, ce Crocus nous a réjouis. Le CV du chef, Louis Chaulet, formé au Divellec et auprès de Jason Gouzy chez Pantagruel, donne un bon aperçu de sa maîtrise, notamment des produits de la mer. Et c’est parfaitement le cas avec cette seiche à la putanesca dans son bouillon d’encre, et ce maigre à l’huile de laurier au bouillon safrané.
Au-delà de la parfaite exécution, c’est bourré de saveurs, original sans être excentrique. Je précise que la rouille qui accompagne le maigre est sans ail, délicate, “umami” comme on aime le dire aujourd’hui pour décrire une saveur équilibrée et exquise.
L’entrée autour du maïs et de la moule fumée est complexe et gourmande. Et les deux desserts, figue halva, granité vin rouge et financier noisette, crème montée caramel sont rapidement engloutis et totalement validés. Tout cela a été accompagné… de rhum, bouteilles originales dégottées par un copain de Louis. Un accord épicé réjouissant.
On le dit souvent, mais “qu’est ce qu’on aimerait avoir ce genre de bistrot en bas de chez nous…”. Bon là , ce n’est clairement pas le cas, mais on traversera Paris sans aucune difficulté pour retourner croquer du Crocus.
Crocus 20 rue Orfila 75020 Paris (attention, il y a un autre Crocus dans le 14e) Fermé dimanche Menus dej 21,90€ / 24,90€ - Carte 45-50€
Ardi Editions à découvrir jusqu’à samedi à la Galerie Anne Julien - 14 rue de Seine 75006 Paris
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Ça fait bien longtemps que je suis consciente d'un gros angle mort sur CDLT : l'indépendance. À longueur d'article, je gueule sur ce qui est pourri au royaume du salariat, mais je ne mentionne que rarement le statut d'indépendant·e. Au risque de laisser entendre que c'est soit un non-sujet, soit la réponse à tous les problèmes. Alors que bon. Étant moi-même indépendante, et ayant co-dirigé pendant des années une boîte qui m'a fait échanger quotidiennement avec des centaines d'indeps, je sais bien que C'EST PAS SI SIMPLE. Et l'angle mort n'est pas un angle aigu : l'URSSAF dénombre 4,8 millions de comptes d'indépendant·es, dont 60,4 % d'auto-entrepreneur·ses. Bon, on se sait : dans le lot y'a un paquet de gens qu'ont ouvert leur auto-entreprise "pour voir" ou "pour faire une petite mission à côté du taf" et d'entreprises dormantes. Selon l'INSEE, ça fait quand même 3,9 millions de personnes exerçant effectivement une activité non salariée hors agriculture en France, dont un peu plus de la moitié sont micro-entrepreneur·ses. Et je sais que vous êtes un paquet d'indeps à me lire. Ma théorie, c'est que vous lisez CDLT exactement comme moi je reste abonnée aux notifs de Bien'ici alors que j'ai déjà trouvé un appart : pour ne rien louper de ce que vous avez loupé. Moi, à chaque alerte email de Bien'ici, je fais défiler les photos avec dédain pour me dire "ouais, maxi-bof, la cuisine est maxi-moche, j'ai maxi bien fait de choisir le mien didonc". Les indeps qui lisent CDLT, je parie que c'est pareil : c'est votre rappel bimensuel que vous avez fait le bon choix. La seule fois où j'ai parlé vraiment d'indépendance, c'est dans mon article sur l'histoire de l'individualisation du travail : j'y terminais sur la micro-entreprise comme l'achèvement pur et parfait de la logique d'individualisation du travail. Car si on ne fait plus partie d'une entreprise mais qu'on devient une entreprise, alors, par définition, on n'a plus de collègues mais des concurrents. On ne fait pas grève contre soi-même. On ne se syndique pas contre soi-même. On n'a pas d'intérêts communs avec quelqu'un d'autre que… soi-même. On devient soi-même un capital à optimiser. Mais quand j'écrivais, il y a deux semaines, mon article sur mes vacances ratées et insuffisantes auto-infligées, un truc a commencé à me travailler, qui je crois a résonné avec pas mal d'entre vous : l'indépendance, c'est bien plus que l'individualisation extrême du travail. En fait, accrochez-vous bien, c'est probablement même la version la plus aboutie de la subordination. Oui. Parce qu'elle fait mine de faire disparaître le patron en le rendant invisible, internalisé, et même sexy. Voilà . J'ai envie de parler de ça. Et je vais en parler avec les tripes, puisque ça me concerne, mais aussi, avec… une certaine nuance ? Je sais, c'est choquant.